"I went to the woods because I wished to live deliberately, to front only the essential facts of life, and see if I could not learn what it had to teach, and not, when I came to die, discover that I had not lived. I did not wish to live what is not life, living is so dear..." - Henry David Thoreau

"I went to the woods because I wished to live deliberately, to front only the essential facts of life, and see if I could not  learn what it had to teach, and not, when I came to die, discover that I had not lived. I did not wish to live what is not life, living is so dear..." - Henry David Thoreau
Que dire de ces quelques lignes de Walden qui semblent être la substantifique moëlle, du moins la moëlle épinière voulue et choisie par le magistral Penn pour son saisissant et époustoufflant Into The Wild?

Quelle grandeur d'âme, quelle virtuosité et en même temps quelle sobriété, quelle humanité ce film possède! Plus de deux evanescentes et fugitives heures qui semblent deux petites minutes une fois sorti de la salle pour ce film qui vous laisse pensif et pour le moins dubitatif sur le sens de la vie et sur son inhérente quête du bonheur. Que de rêveries, quelle échappée sauvage pourrait-on presque dire pour nous autres spectateurs qui nous laissons avec joie et sans Penn, je veux dire sans peine, entraîner dans ces paysages superbes, dont le beauté immaculée nous coupe le souffle. Mais c'est surtout la prestation de l'irréprochable Emile Hirsch qui cristallise ce désir ancré en chacun de nous d'échapper à cette société, admettons-le sans mauvaise foi, de plus en plus oppressante. Penn pose des questions, transmet des messages en philigrane de sa pellicule, auxquels on ne sait malheureusement que répondre, n'ayant pas les réponses à ces interrogations existentielles sur la vie.
Car c'est bien sur des thèmes relativement philosophiques que le réalisateur nous entraîne au travers de cette séduisante invitation à une authentique et véritable communion avec Mère Nature. Alors pitié, rangez ces interprétations on ne peut plus honteusement terre-à-terre d'ode à l'écologie et d'apologie des actions Greenpeace, tout ça parce que McCandless se refuse à un moment à tuer une femelle renne accompagnée de son petit, vision ô combien touchante mais si secondaire par rapport aux intentions réelles du film.

Que fait en réalité Penn, sinon reprendre un thème cher à la littérature américaine du XIXème siècle, qui idéalise cette fuite de l'Homme vers l'originel, son évasion du carcan social par l'abandon du matériel (on retrouve ce thème plus ou moins directement abordé dans Délivrance de John Borrman, ainsi que dans Voyage Au Bout De L'Enfer de Cimino)? Loin d'être naïf ou simpliste, il prolonge cette vision des penseurs américains dans une juste mesure, qui ne tombe jamais dans l'excès (qui a dit que je pensais à ces minables chanteurs de punk qui crient faussement les maux de la "vilaine société qui n'a que des poblèmes"?); pour preuve les références récurrentes au Walden de Thoreau, ce dernier ayant lui-même tenté cette expérience d'abandon d'une vie prédétermiéne et conditionnée. Pour autant, le film dépoussière juste comme il le faut ce thème peut-être un peu obsolète (quoique...) et apporte une fraîcheur et une originalité incontestables, une fois encore à travers le personnage de Christopher McCandless (et dire que ce pionnier d'un rêve semblant si inaccessible a réellement existé...), auquel le spectateur ne peut s'empêcher de s'identifier.

Sur une BO sans fausses notes signée Eddie Wedder (Canned Heat, Pearl Jam...), on suit avec enthousiasme, peur, joie et engouement réels le parcours de baroudeur de ce jeune idéaliste. On le comprend, le prend en pitié, l'idéalise, le fustige même parfois... Jamais ridicules, les scènes, tout comme les personnages, reflètent la profondeur de l'âme humaine à laquelle se rivète en l'occurence cette fuite "into the wild".
L'articulation complexe du film entre flashbacks et scènes dans le Magic Bus, ainsi que la subdivision en chapitres tant temporels que thématiques peut laisser perpexple au premier abord mais se révèle par la suite incroyablement souple et maniable.

"Tout [serait presque] bien dans le meilleur des mondes possibles", et pourtant...quelle amertume! Que de sentiments mitigés et incontrôlables! Oui, quelle amertume, quelle déception personnelle de voir échouer si misérablement un si beau rêve qui avait presque tout perdu de son aspect utopique. On se rend finalement compte que McCandless, reniant famille, argent, institutions, possession jusqu'au bout des ongles n'est en fait qu'un briseur d'âmes humaines. Il n'y a qu'à voir le profond souvenir qu'il a laissé chez tous ceux qu'il a rencontrés, qu'ils soient, jeunes, vieux, hommes, femmes, hippies désillusionnés ou fermiers parfois un peu escrocs sur les bords...Christoph est toujours aimé, apprécié, mais toujours incompris. Il n'a qu'un but en tête, l'Alaska, et se retrouve finalement aveuglé par ce projet qui se mute toujours un peu plus en croisade introspective, qui lui fait passer à côté des choses essentielles de la vie. Mais là est la véritable question: que sont ces choses essentielles de la vie, ou comment être heureux? Vivre en ermite en pleine nature, ou être le fruit de nos rencontres et mûrir au gré de ces chocs hasardeux entre individus? Difficile à dire, puisque Christoph semble se nourrir des deux. Mais Penn semble plutôt pencher du dernier côté et arriver à la même conclusion que McCandless, selon laquelle le bonheur ne peut exister véritablement et durablement qu'avec Autrui, puisque c'est ce qu'il écrit lui-même dans son "carnet de bord". Ce souvenir de cet agréable jeune homme bien sous tous rapports laissé en chacune de ces rencontres semble même être plus présent que ce dernier et le personnage même de McCandless trouve (enfin) ses limites, qu'on nous communique au travers du désarroi nous serrant le coeur de ses parents, ainsi que sa propre reconaissance d'un stupide échec.
Quelle amertume donc, alors qu'on contemple impuissants ce vivant déjà mort, ce corps déjà devenue dépouille, livide, se rattachant aux bribes de sa conscience émiettée perdue dans les lignes de ses ouvrages philosophiques...

Quoiqu'il en soit, il serait un euphémisme de dire qu' Into The Wild vaut le détour, que ce soit pour ses superbes images, sa BO rafraîhissante ou même pour ce personnage attachant ayant du capituler devant la force de la nature.

Reiseemann
# Posté le mardi 26 février 2008 17:59

Dr. Barker and Mr. Todd...on est d'accord, quelque chose cloche?

Dr. Barker and Mr. Todd...on est d'accord, quelque chose cloche?
Dissonant. Peu harmonieux. Tels sont les qualificatifs qui pourraient convenir à ce genre hybride, échec d'un croisement expérimental hasardeux entre une comédie musicale et une peinture teintée d'expressionisme gothique qu'est Sweeney Todd. Pour sûr, Burton (à sa façon) est un maître du macabre; il est normal qu'il ne boude pas son plaisir, mais de là à jouer aux Frankenstein, il n'y a qu' un pas, que Burton a malheureusement franchi.

Dissonant tout d'abord par cette profusion de chansonettes. Certes, Sweeney Todd est une comédie musicale, enfin tente d'en être une, d'où cette overdose de refrains. Certes, Johnny Depp chante (grande première!), et plutôt bien même. Certes, on peut prêter à Burton une louable intention de parodier son propre genre cinématographique fétiche. Mais cela fait au bout du compte beaucoup de concessions et de compromis qui au final ne payent pas.
Pourtant tout était là: un Londres très "Dickens" saupoudré d'une noire suie, un scénario habilement articulé autour de thèmes alléchants -anthropophagie, meurtres sanguinaires en série, vengeance d'un homme au coeur meurtri...- , un jeu d'acteurs qui semble à première vue honorable, des images (pour beaucoup virtuelles, malheureusement) dont vos yeux ressortent repus...sans oublier l'évidente présence de Johnny Depp, dont le talent, on s'en doute, n'est plus à démontrer. Burton avait toutes les clés en main pour nous ouvrir de nouvelles portes mortuaires dans lesquelles nous nous serions, et nous sommes malgré nous trop rapidement engouffrés.
Oui mais voilà, Londres n'a pas grand chose à voir avec la petite bourgade hollandaise de Sleepy Hollow, Benjamin, ou Sweeney (lol) comme on veut, n'est ni Edward aux rasoirs d'argent, pardon, aux mains d'argent, ni Ichabod Crane et voler une part du casting d' Harry Potter n'est pas très professionnel et prête à confusion pour nous autres addicts de visages reconnaissables entre milles, car c'est bien sur cette fascination d'un visage, celui de Depp, que Burton a (trop?) voulu travaillé.

Alors bien sûr, les lames volent en scintillant, le sang gicle, que dis-je, jaillit en torrents, l'histoire est amère à souhait, mais cette épaisse tourte à la façon Burton passe difficilement. Ce sang, ou plutôt devrais-je dire cette gouache malencontreuse, d'ailleurs si présent(e) en devient presque fatiguant(e). Le spectateur coupable, pris à son propre piège, ne pouvant s'en prendre qu'à lui-même? On en a voulu, on en a eu? D'accord, c'est estampillé Burton, on s'attend à de l'excès, c'est d'ailleurs ce sur quoi repose principalement le genre gothique, mais trop c'est trop. Vous connaissez la formule, trop de sang tue...Voilà, on ne vous la fait plus.
Finalement, ces flots sanguins, tout comme les tourtes qui lui sont intimement liées, sont à l'image du film, pâteux, étouffants. Le réalisateur du mortuaire nous avait déjà fait le coup dans le tout aussi mitigé Sleepy Hollow, qui s'annonçait grandiose, puis qui vire dangereusement sur les combats trop kung-fu du cavalier sans tête, tuant du même coup dans l'oeuf cette opportunité de hisser ce personnage central à un rang plus mystique et moins ridicule. Détruire des films au potentiel indéniable aussi vite qu'on les a créés ne va aps de soi.
Et tout de même, permettez-moi de revenir sur ce film qui pousse la chansonnette un peu trop loin. De glacials airs d'orgue en guise d'apéritifs, puis on nous sert dès la première minute ce "There's no place like London", bientôt suivi d'un "To shiver the face", couronné par un "Pretty women..." dont on s'attend presque à entendre "walking down the street" tant la tonalité s'en rapproche. Mais pourquoi Diable des chansons? Pourquoi? Timmy, que nous as-tu fait là?
Puis toutes ces longueurs, ces redondances et répétitions ("mischief", les égorgements légions au milieu du film, c'est bon, on sait ce qu'est une gorge tranchée...) et cette histoire parallèle d'amour qui rend rapidement l'ensemble confus entre ce jeune marin androgyne et la pupille du juge Turpin, qui jouait déjà dans Sleepy Hollow. Décidément, on prend les mêmes et on recommence. Appliquer le principe du "on ne change pas une équipe qui gagne" n'est valable que tant qu'on ne perd pas avec...

Vous l'aurez compris, la lame Burton semble s'être émoussée avec le temps et malgré cette profusion grotesque de l'excès, les tourtes de Mme Lovett ne sont jamais que des étouffe-chrétiens et le sang répandu par Todd un laxatif. On ressort mal rasé, pour ces frais, avec cette étrange amertume d'un film bâclé qui nous reste en travers de la gorge, gorge dont on aurait tant voulu qu'elle soit plus habilement tranchée...

Reiseemann
# Posté le mardi 26 février 2008 16:49

"J'me f'rais biennn, une plastiscine (8)"

"J'me f'rais biennn, une plastiscine (8)"
Jouir sur un air de Air. Inaugurer un peau de nutella. Un réveil naturel au son des Wombats. Un jean sur le radiateur. Une banquette pers. Une rock star pour voisin de table. Bolo à midi. Mais aussi des dragibus à l'abandon, un super modèle à croquiser...ET C EST LA que.

"Le RER C à 22h", ou comment apprendre à différencier une expérience d'ouverture sociale intéressante d'un accostage de gros boulets en rut.

De nos jour, n'importe quel cageot ébouriffé, en sueur car a chopé un train au vol respirant bruyamment à cause d'un reste de bronchite et une erruption cutanée en cours est susceptible de se faire draguer ouvertement par une personne de genre masculin à raison de, parfois, plusieurs fois par semaine, tt ça pcq elle est affublée d'une jupe laissant entrappercevoir ses genoux (et surtout qu'elle est la seule nana du compartiment). Pris au premier degré c'est lourd. Mais si on y réfléchit un chouilla, il y a de quoi remettre en question le modèle esthétique de base imposé par les publicitaires et autres ayant une influence plutôt conséquente sur le bien-être du public jeune féminin.

Quant à toi, j'ai assez subit tes sautes d'humeur de moral d'envie et tout court pour que non seulement tu ne viennes pas geindre à ma fenêtre à propos des côtés négatifs de ton propre isolement prémédité (si tant est que tu y aies réfléchi ne serait-ce qu'une demi seconde avant de plonger dans un vide spirituel moral social et sentimental quasi-abyssal) mais aussi pour que tu t'inclines dignement devant une capacité de dévouement, de patience, du sens du sacrifice et à rester digne et garder la tête haute et froide malgré tout qui m'est propre, au lieu de me faire supporter tes simagrées.
Si on t'écoute les débiter de la sorte, on ne pourrait s'empêcher de s'attribuer les plus grand défauts et de descendre dans sa propre estime plus bas que terre, en compaison au manque de confiance et d'amour propre qui t'anime (principalement). Ce qui n'est pas mon cas fort heureusement étant donné la rotation permanente d'un nombre incalculable et relativement fréquen de chances en tout genre (???). Ce qui est, pour ainsi dire, juste, quand on s'approche ne serait-ce qu'un court intant...
Je dois quand même te remercier, tu es la personne qui m'a permis de forger un tel caractère et une telle solidification morale, résistante à toute épreuve.

Cécité
# Posté le samedi 02 février 2008 06:06

Le 22 Novembre 1718, Edward Teach s'écroulait sur le pont, la peau trouée par cinq balles et 20 autres coups de poignard...c'était la fin de Jolly Roger...

Aha!! Alors comme ça on a cru encore une fois que le platane n'allait pas manquer d'être frappé par une foudre occulte sournoisement dirigée contre son tronc moelleux? Que neni...Bande de ventres repus à la peau bien tendue sur pattes, assomés par ces beuveries et autres orgies des fêtes de fin d'année croyiez vraiment que ce passage solennel mais barbant d'une révolution de la Terre autour du soleil à une autre allait sonner le glas de ce refuge d'âmes esseulées, au même rythme que sonnaient les douze coups de ma montre à quartz?On a rien perdu de son sens de l'humour à ce que je vois dîtes-donc...
Alors vous, voyeurs infâmes, qui vous délectez de ces vomissures chroniques empestant bon le cynisme, l'ironie, que sais-je encore, hormonales pertes de nous autres aigris (de vous, quel cercle vicieux...), acceuillez comme il se doit une nouvelle adhérente à ces décadentes publications d'un mal-être affecté. Bien qu'elle soit frappée de cécité, n'en ayez pas pour autant la vue courte sur ses déjections cérébrales...

En ce qui me concerne (beh oui, je suis là pour parler de moi, moi et encore de MOI, qui d'autre? cessons de masquer notre nombrilisme puant et assumons-le), une théorie somme toute assez risible m'a brutalement frappé le côté droit de la tête pendant cette période Oh combien réjouissante des fêtes...

Le Père Noël est-il un, ou LE (nouveau) Dieu vivant?

Véritable question existentielle qui n'a pu que retenir constamment mon geste de déchirure bestiale du papier cadeau de mes nombreux et féériques présents (une enveloppe garnie de flouze, tunes, blé, oseille, pognon, argent, pécule...), j'en suis arrivé à échaffauder toute une théorie dont Spinoza aurait à coup sûr été fier. J'arrête là cette dramatisation à outrance et ce roulement de tambour déplorable qui me sert d'introduction pour ne pas que vous escomptiez lire je ne sais trop quoi d'inouï.

Nos chères petites blondes m'ont donné matière à réflexion. En effet, analysez bien toute la palette de leurs réactions une fois qu'ils font ENFIN face à cet être mi-surnaturel, mi empestant terriblement un whisky hypocrite (on sait tous qui accepte ce "job" de Père Noël aux bonbons pas si bons dans les Intermarché, hé!): bien sûr ils ont l'air heureux, ravis, réjouis, et on a toutes les raisons de le penser. Mais qu'en est-il vraiment? Les pauvres bambins sont en réalité complètement tétanisés, comme figés, véritablement gélifiés sur ces accueillants genoux dont la position de leur illustre possesseur n'a rien à envier à celle de Zeus à Olympie. Mais enfin, regardez leurs sourires forcés, si impersonnels, que trahit pourtant un regard fugitif qui se pose tour à tour sur des parents ravis, gesticulant comme pas deux, s'émerveillant l'un et l'autre d'avoir pu être les biologiques concepteurs d'un "tel amour" (on les comprend), puis sur le photographe froid, effacé, ombre tant de lui-même et de son appareil que du Santa Claus trônant fièrement devant lui, le réduisant au simple statut de sujet, voire de bouffon, et enfin sur les passants de la galerie (non, pas des glaces) du centre commercial feignant l'indifférence mêlée parfois à la jalousie de ne pas être le parent du petit chanceux. Je suis persuadé qu'à cet instant même, les zygomatiques de nos chers bambins ne sont plus sous leur contrôle.

Mais que tirer de ce constat purement descriptif? Tout ceci ne peut qu'être le signe tangible d'un malaise plus profond. C'est pourquoi il pourrait être à ce stade intéressant de se pencher sur l'énigmatique et ambiguë relation qui unit l'enfant à ce Père Noël.

Le rôle tenu par les parents est ici prépondérant. Il est tout de même vrai qu'ils sont les premiers à nous parler de ce fameux Papa Noël, retiré dans des contrées inaccessibles (je m'y suis pourtant rendu et puis vous assurer au cas où vous le croiriez encore que le Père Noël n' EXISTE PAS!!), auxquelles l'Homme n'a pas le droit d'accéder, ne daignant rejoindre le bas-monde fangeux des humains qu'une fois l'An. Le côté unique et exceptionnel de ce geste d'extrême générosité, pour ne pas dire bonté divine, est perçu par l'enfant comme presque surnaturel, mythique; une véritable révélation. Les parents, indifférents prêcheurs de cet, -peut-on encore employer le mot d'homme?- bourrent le crâne de leur(s) progéniture(s), elle(s)-même(s) drainée(s) et maintenue(s) dans l'ignorance par l'espoir d'une juste et digne récompense, à la hauteur de leur bonne attitude tout au long de l'année. La nuit de Noël n'est autre que celle du Jugement Dernier; ceux à l'âme pure auront droit à des présents, les autres, corrompus par le vice, ne mériteront que du charbon, sombre annonciateur de leur dernier séjour chez l'ignoble et satanique Père Fouettard au fouet démoniaque.

On voit bien ici l'apparition répétitive de ces archétypes religieux et manichéens, le Bien et le Mal, respectivement incarnés par des avatars de la foi, le Père Noël, et le Père Fouettard.

Qui plus est, la liste des analogies divines ne s'arrête pas là. Le Père Noël, comme son nom l'indique, est avant tout un père, peut-être même le seul et véritable Père de chaque enfant, auquel ce dernier adresse de nombreuses prières sous forme de lettres, allant même jusqu'à mentir sur sa prétendue gentillesse ou à se repentir de ses mauvaises actions qu'il a tôt fait de minimiser à cette veille du Jugement Dernier. L'enfant ne peut trouver le sommeil, angoissé qu'il est, perturbé par cette vision quasi psychédélique de ce vieil homme sage à la barbe blanche conduisant d'une main sûre son traîneau tiré par d'emblématiques rennes, sa silhouette se détachant sur le disque lunaire, vision empruntant largement à Apollon conduisant son char solaire...Outre ces tardifs repentis déclenchés par la peur du Père Fouettard, le gamin se trouve être continuellement sclérosé dans la perpétuelle contemplation d'icônes de SON Eternel, que ce soit sur les bouteilles Coca-Cola ou bien sur des affiches publicitaires dont les créateurs n'en ont vraisemblablement rien à foutre du traumatisme qui pourrait être causé à l'enfant une fois perçues ces images païennes de Pères Noël en caleçon, portant des lunettes de soleil, sirtotant un coktail sur une plage des tropiques...

On voit dès lors que tout bambin se trouve véritablement conditionné dès son plus jeune âge par cette religion de la bonne conduite récompensée.

Mais bon sang, certains indices devraient pourtant leur mettre la puce à l'oreille et les faire se dresser contre cet obscurantisme, cette fausse vérité imposée!! Ainsi que pense tout gosse lorsqu'il voit deux (voire plus) Pères Noël à quelques mètres de distance se livrant à un véritable concours de distribution de bonbons et autres douceurs qui n'ont rien à envier aux osties? Pourquoi ne se dit-il aps qu'il ne peut aps y avoir deux Pères Noël, "puisque le [Père Noël] est un être parfait, et que l'idée de plusieurs [Pères Noël] détruit du même coup cette idée de perfection"? Il est plus que probable qu'il s'enferme dans un flagrant déni de ce qu'il a vu, ayant trop peur de perdre ce repère essentiel à sa vie, qui norme sa conduite tout au long de l'année. De même, pour revenir à cette grotesque cérémonie de la rencontre du Père Noël devant l'oeil imperturbable du photographe, tout bambin devrait se rendre compte du manque d'éloquence et de divin chez cet être tant idéalisé. Certes, il existe certains petits roublards qui cherchent à tout prix à tirer la vraie-fausse barbe du Père Noêl, mais ce geste relève-t-il vraiment d'une réelle volonté de s'écarter de ces sentiers de la perdition, ou plutôt d'une espièglerie naïve, l'enfant ne s'étant peut-être pas imaginé que la barbe était factice?

Mais après tout, le Père Noël n'est qu'un imposteur, un vulgaire meurtrier ayant assassiné le brave St Nicolas. Pourquoi alors conduire inéluctablement nos chers petites têtes blondes vers une inévitable et dévastatrice déception, s'imposant à eux par pure révélation? "Est-ce que le Père Noël il existe vraiment?" peinera à dire toute victime de cette innocence perdue, se fourvoyant du même coup dans un mélange confus de profonds sentiments, allant de la colère, l'effarement, parfois l'indifférence, ou même le déni, toujours violent. L'enfant se ment à lui-même et se perd dans tout un panel d'explications toutes plus farfelues les unes que les autres, dont le seul côté positif est l'imagination qu'elles laissent supposer, qui ne peuvent que faire sourire des parents s'échangeant des regards tant amusés, complices, que coupables.
Cette croyance imposée n'est qu'une vilaine échelle réduite, une maussade préparation à telle ou telle véritable croyance dans laquelle beaucoup d'enfants devenus grands sont englués...

C'est un vrai problème philosophique qui mériterait d'être soumis à l'académie...

Pour finir, oui je sais j'ai encore oublié, mais je suis tout de même un peu mois en retard que l'anéne dernière: BONNE ANNEE !!

Reiseemann

Un homme pose toujours une fleur sur la tombe de sa fidélité...
Le 22 Novembre 1718, Edward Teach s'écroulait sur le pont, la peau trouée par cinq balles et 20 autres coups de poignard...c'était la fin de Jolly Roger...
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# Posté le lundi 14 janvier 2008 13:39

Tout d'abord, bonjour !

Avant de disserter sur la condition humaine, d'analyser certains comportements ou d'entamer une régurgitation verbale sur tel ou tel sujet révoltant, commençons tout de même par le commencement.

Ce fut en un soir d'automne comme les autres, moi, accompagné de rustres camarades-de-plan de longues dates en quête d'une dernière mousse à gratter sous le nez des copains "ébahis devant un tel charisme façon VIP tactac j'connais l'patron moii" et au prix s'une série de "s'il te plait" implorants, de regards larmoyants et d'arguments "béton(s?)", nous nous dirigions enfin vers la sortie de cet antre (portant un nom d'oiseau en rapport avec l'histoire de sa ville de résidence, c'était la minute culture G), si familière pour moi à l'époque (une seconde maison, presque. Snif. Pourrait même faire l'objet d'une comparaison avec le lieu d'étude d'une icône fantastique moderne mais ce serait exagéré), QUAND SOUDAIN je me suis mis à parler torchons et autres projets d'étude avec des gens, et toi. Par la suite, après avoir tapé l'incruste dans ce merveilleux endroit qu'est l'uvsq, je fus agréablement surprise de voir qu'il existait peut-être des habitants de cette chère ville dépourvus de tous les vices possibles et imaginables, répartis dans plusieurs personnages ou parfois même regroupés en un (oui! ça existe), et semblant même posséder pas mal de qualités (!!!). Enfin! Une lueur d'espoir...

Merci de ta confiance, j'espère en faire bon usage.

P.S: en attendant, j'voudrais passer une cacedédi à ma ptite choupinette d'amour, tu m'manques mon roudoudou en sucre j'peux APS vivre sans oit, nous 2 c'est plv et en plus t'es trop charmante t'as vu.
Cécité
Tout d'abord, bonjour !
# Posté le lundi 14 janvier 2008 09:16